[Movie Recycler] Terminator, un film éducatif à montrer aux enfants

Ca fait un petit moment que je n’ai publié un article dans la rubrique Movie Recycler – le dernier c’était Shaolin Soccer au mois de mai. Alors, si on parlait un peu de Terminator ?

En ce qui me concerne, j’ai découvert la saga Terminator en commençant par le deuxième volet (sorti en 1991), chez mon copain Sébastien M., sans doute aux alentours de 1992 ou 1993. Son frère, fan de muscu et de Jean-Claude Van Damne, avait loué la cassette VHS au vidéo-club. Ce n’est que plusieurs années plus tard (je ne sais plus exactement quand, et dont je gardais jusqu’à hier soir un souvenir assez flou) que j’ai vu le premier épisode, pourtant sorti bien avant, en 1984.

Avec une coiffure comme ça, difficile pour Sarah Connor de nier qu’elle se trouve en 1984.

1984 : dès le début du film, on voit que Terminator est bien un film des années. Les coiffures et les looks des personnages, la musique, et même les voix françaises transpirent les eighties. De façon assez surprenante pour une série de science-fiction qui a une image assez explosive, le démarrage du film est assez lent. Très peu de dialogues pendant de longues minutes, et de longues séquences où on se contente de suivre les deux antagonistes venus du futur, le Terminator et son adversaire humain Kyle Reese. Cette sensation de lenteur est renforcée par l’ambiance sonore, assez feutrée. Finalement, à part 2 ou 3 éclats (comme l’affrontement flash-éclair entre le Terminator et les trois punks peu après son arrivée dans le présent), l’entrée en matière se fait de façon très progressive – rien de bien traumatisant.

A ce stade, rien n’indique au spectateur que ce type louche est un robot. La révélation est assez tardive, et être au courant à l’avance élimine le plaisir de la surprise.

Autre élément marquant : alors qu’aujourd’hui, dans la culture populaire, le fait que le personnage de Schwarzenegger est un cyborg est à peu près aussi connu que le fait que Dark Vador est le père de Luke et Leia, en 1984 pour les personnes qui découvraient le film au cinéma, cette révélation arrivait assez tardivement dans le déroulement du film. Pendant toute la première moitié de ce premier épisode, à part sa force surhumaine, rien n’indique de façon explicite que c’est un robot qui est sur l’écran. Donc, comme pour l’ordre de premier visionnage des Star Wars par des enfants, il y a un ordre de visionnage des Terminator qu’il vaut mieux respecter – pour éviter le méga-spoiler : il vaut mieux commencer par ce premier épisode.

L’histoire est assez simple, même si elle se dévoile assez lentement et que le schéma d’ensemble (le voyage dans le temps pour éliminer/protéger la mère du futur sauveur de l’humanité avant qu’il ne naisse) n’est révélé que tardivement – laissant le spectateur imaginer ses propres théories pendant tout le début du film pour s’expliquer ce qui se passe. Pas de ramifications ou de réflexions à la Retour vers le Futur sur les paradoxes spatio-temporels ; l’intrigue est assez limpide. E. (10 ans) a d’ailleurs pris bonne note du message : « Il faudra faire attention en 2029, parce qu’ils disent qu’il va y avoir une guerre. »

Il a l’air beaucoup moins sympa qu’au début du film…

Là où ça se complique, c’est que le premier volet est, il me semble, plus sombre et inquiétant que le second, et donc moins kid-compatible. Le Terminator n’a pas vraiment d’adversaire à sa hauteur, et c’est lui le méchant. Sa transformation physique tout au long du film le rend de plus en plus effrayant : la perte de ses sourcils qui lui donne d’abord ce visage étrangement inquiétant, puis son oeil robotique rouge qui le rend encore plus menaçant, et enfin sa forme de squelette métallique surpuissant et quasi-immortel qui donne une ambiance de film d’horreur aux dernières minutes du film. Dans Terminator 2, Schwarzenegger a un rôle beaucoup plus rassurant, protecteur du jeune John Connor, et même quasi figure paternelle.

Il y a bien sûr de la violence, pas mal de morts (mais finalement une bonne partie présentée hors champ, avec la caméra sur le tireur et non sur la cible). Signalons également quelques images un peu crades (quand le Terminator se trafique le bras et l’oeil au scalpel), et une scène de sexe.

Pour un film vieux de 30 ans, il a plutôt bien vieilli et passe sans encombre le visionnage par un public actuel ; bien entendu certains effets spéciaux ont pris un coup de vieux (les gros plans sur le visage de Schwarzenegger version animatronic sont assez difficiles à regarder sans se dire que c’est moche…), mais l’ensemble reste convaincant. En revanche – comme le 2015 de Retour vers le Futur – le 2029 de Terminator n’est plus très éloigné, laissant E. (10 ans) sceptique sur les séquences se déroulant dans le futur, avec les énormes robots, les lasers et tout le toutim : « C’est impossible que tout ça existe en 2029. » Mais si les technologies du 2015 de Retour vers le Futur sont dans l’ensemble absentes de notre vrai 2015, il y a sans doute encore suffisamment de temps d’ici 2029 pour que les robots prennent le contrôle.

Terminator est donc en fin de compte un film éducatif, à montrer rapidement à la nouvelle génération, pour qu’ils soient près pour la guerre contre les cyborgs lorsqu’ils auront 20 ou 30 ans.

Compte tenu de tout ce que j’ai indiqué ci-dessus, je pense que le film passe bien, pour un visionnage sur un écran de télé et en famille, à partir d’environ 10 ans.

Rappel : à propos des recommandations d’âge pour les films publiées ici.

3 réponses

  1. Alan dit :

    Il existe une série, Sarah Connor Chronicles, qui reprend l’histoire à la fin du second film et qui prend le temps en 2 saisons d’explorer l’univers de terminator comme un long métrage de 2h ne peut pas le faire. Pour des personnes qui n’aurait jamais vu aucun Terminator, je pense qu’il peut être intéressant de zapper le 3, le 4 et le 5 et de passer à la série après le 1 et le 2.

  2. Godloff dit :

    La lecture de l’article m’a donné envie de revoir terminator avec mon ainé qui vient d’avoir 10 ans. Il y a un truc qui m’a vraiment choqué, pas réaliste du tout : aussi bien Reeves que le Terminator, à peine débarqué de 2029 en 1984, se jettent dans des cabines téléphoniques pour consulter l’annuaire.
    Essayez de demander à un millénium ce que c’est qu’un annuaire, qu’on rigole 🙂

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