Mario sur Xbox et Playstation, c’est pour quand ?

Super-Mario-3D-WorldLe dernier Super Mario (3D World, pour ceux qui ne suivent pas alors que la boîte est juste à côté) sorti sur Wii U est acclamé par la critique (94% sur Gamerankings!). Je ne doute pas qu’il s’agisse d’un excellent jeu : Mario y porte un costume de chat, donc comment pourrait-il en être autrement ?

Conclusion : il faut que Nintendo arrête de faire des consoles de salon.

Car c’est visiblement le seul moyen pour que les jeux Nintendo (qui sont généralement excellents et que tout le monde adore) deviennent accessibles à une majorité de joueurs.

Le paradoxe Nintendo : une console originale, des jeux qui n’utilisent pas cette originalité

Si les spécificités de la Wii U justifiaient techniquement l’exclusivité, on pourrait comprendre la logique : je lie la vente de mes jeux et de ma console, parce que seule ma console peut faire tourner mes jeux.

Mais même dans ses propres jeux, qui sont sensés être des killer apps, Nintendo n’exploite que très peu le 2ème écran et les autres fonctionnalités du Gamepad. Autrement dit, ce Super Mario 3D World pourrait très bien sortir sur Xbox 360 et PS3 : techniquement il n’y a absolument aucune difficulté. C’est exactement la même chose qu’avec la Wii, du moins sur ses dernières années : les meilleurs jeux n’étaient plus ceux qui exploitaient la Wiimote. Mario Kart Wii était plus agréable à la manette Gamecube qu’à la Wiimote !

Sonic est désormais sur console Nintendo, alors pourquoi pas Mario sur Playstation ?

On peut comprendre que Nintendo ait un modèle économique ancestral basé sur la vente de consoles ET de jeux. Mais si l’innovation sur la console ne fonctionne plus (soit parce qu’elle ne séduit pas les joueurs, soit parce que  les développeurs ne savent pas quoi en faire), pourquoi ne pas explorer la piste d’une ouverture du catalogue Nintendo sur d’autres consoles ? Sonic sur une console Nintendo : dans les années 90, c’était une hérésie que d’imaginer ça. Et pourtant, Sonic est aujourd’hui sur toutes les consoles (la qualité n’est pas forcément au rendez-vous, mais c’est un autre problème). Alors pourquoi ne pas rêver à un Mario Kart ou un Zelda sur PS4 ou Xbox One dans quelques années ?

E. (G8) et U. (G3) ne pourront vraisemblablement pas jouer à Mario Kart 8 (et moi non plus), en raison de la stratégie d’exclusivité de Nintendo. Pourtant ce jeu pourrait techniquement sortir sur toutes les consoles (et ce serait un record de ventes assuré).

En tant que joueur et papa de jeunes joueurs en devenir, je  n’aime pas être contraint d’acheter une plateforme pour profiter d’un jeu en particulier lorsqu’aucune justification technique n’existe, et ça me fait ch*er que mes enfants soient privés des jeux Nintendo uniquement parce que la seule solution pour en profiter serait soit d’avoir 2 consoles, soit de nous priver de tout un tas d’autres jeux disponibles sur toutes les plateformes sauf celle de Nintendo.

La façon dont ça se passe actuellement, si on parlait de DVD, serait la suivante : les films Disney sortent sur des DVD lisibles exclusivement sur un lecteur DVD fabriqué et vendu par Disney. Si vous avez un lecteur DVD non Disney, vous pouvez regarder tous les autres films, et 90% de ces autres films ne sont pas disponibles sur le lecteur DVD Disney. Alors on fait comment ? On se limite à Disney, ou on en prive complètement sa famille ?

Le fail de la Wii U : une bonne nouvelle pour les joueurs ?

Et donc, le fait que les jeux Nintendo continuent de séduire la critique (et les quelques joueurs qui en profitent) mais que la Wii U se vende beaucoup moins bien que prévu, c’est plutôt une bonne nouvelle, car c’est la seule voie qui pourra pousser Nintendo à renoncer à la voie de l’exclusivité, qui à mon sens est une limitation à la diffusion de la culture vidéoludique auprès du plus grand nombre.

10 réponses

  1. Choucroute dit :

    Les killer apps de fin d’année risquent tout de même bien de relancer les ventes de la Wii U (rien que l’annonce de ces sorties a bien boosté les ventes), malgré la lutte avec la nouvelle génération des consoles de Sony et Microsoft. Le plantage de la Wii U est surtout dû à un catalogue de sortie absolument famélique et sans aucun jeu phare. Ça a été le cas pour la Gamecube également qui n’avait pas de Mario Kart à la sortie, et qui s’en est sensiblement mieux sortie lorsque celui-ci est arrivé (même si le déclin de leurs consoles de salon, entamé avec la N64, se poursuivait inexorablement, malgré la parenthèse enchantée de la Wii).

    De plus tu offres une bien meilleure visibilité à ta gamme de produits lorsque tu contrôles ce que tu offres au public, et c’est aussi ça la vision de Nintendo. Je ne pense pas que ce soit un hasard si plein de développeurs tiers ont déserté Nintendo parce que ces derniers contrôlaient atrocement les sorties sur leurs plateformes ; Nintendo veut finalement peu de jeux sur ses consoles, pour pousser à l’achat de ses licences, avec au final des jeux qui seront bien plus juteux que la vente de console. Donc leur vision est encore plus poussée que ton analyse : non seulement je limite l’utilisation de mes jeux à ma console, mais en plus je limite les jeux disponibles dessus pour offrir une plus grande visibilité de mes propres licences.

    L’exemple que tu donnes sur les DVD Disney, je suis sûr qu’à Disney ils y ont pensé. Je pense que ce qui les a arrêtés c’est qu’ils avaient peur que les gens préfèrent sacrifier Disney et qu’au final ça aurait boosté leur concurrence (tout simplement parce que ça fait super longtemps qu’ils ne sont plus DU TOUT au niveau en termes de qualité de productions – si on met à part les Pixar). Même si le fait qu’ils aient contribué au développement du Blu-Ray et annoncé qu’ils ne sortiraient que sur ce format a sûrement joué pour l’imposer en face du HD DVD.

  2. Choucroute dit :

    Ce que je voulais dire globalement, en fait, c’était qu’à mon avis Nintendo n’est pas encore prêt à devenir seulement un éditeur ou à changer de politique, surtout quand on voit à quel point Sega a lutté après avoir fait ce choix et s’est réduit comme peau de chagrin.

  3. Stéfan dit :

    Oui, je pense aussi que ce n’est pas prêt d’arriver. Mais qu’une des conditions pour que ça arrive (parmi d’autres conditions) est que Nintendo ait des difficultés à vendre ses consoles de salon, ce qui est le cas sur la génération actuelle.

    Les jeux qui sortent et vont continuer de sortir donnent envie, forcément. Par contre ce ne sont pas des killer apps, pour moi. La killer app doit justifier l’achat d’une nouvelle technologie. Or tous ces gros titres qui font baver, comme ce Super Mario 3D World ou le futur Mario Kart 8, ne sont pas attirants à cause de la technologie de la Wii U : ils sont attirants parce que ce sont des super jeux. Ils pourraient marcher sur n’importe quelle autre console du moment avec un résultat similaire sur le plan visuel et sur le plan du gameplay. Ils ne justifient donc pas la Wii U.

    Nintendo pourrait sortir Mario Kart sur toutes les consoles, même en le vendant 10€ de plus que le prix pratiqué sur Wii ou Wii U, ça cartonnerait, ils en vendraient des millions, ce serait un des rares jeux vraiment familiaux qui serait dans le top 5 des meilleures ventes mondiales, à côté des FIFA, Call of Duty, GTA…
    Ce serait pas génial ça ?

  4. Nidhogg dit :

    Disons que pour éviter une déroute… il va falloir que la prochaine génération de console de Nintendo® soit au même niveau que les consoles de la même génération pour que les éditeurs tiers puissent transposer et faire des jeux multiplateformes… le problème de Nintendo, c’est son isolement vis-à-vis des éditeurs tiers…

  5. =Don Cristo= dit :

    La disparition de Nintendo du marché des consoles serait une grande parte, comme le fut celle de Sega. C’est à travers ces deux entreprises que j’ai découvert le jeu vidéo de salon et portable, et leur apogée correspondit à l’époque de ma vie où j’étais le plus sensible à leur magie.

    Après énormément de temps sur NGC, je ne suis passé sur Wii que parce que Madame voulait y jouer. Énorme déception hardware, et nettement moins de rêve que sur sa devancière. De bonnes expériences tout de même, mais un gros point noir: la Wiimote. Sa prise en main était assez agréable (sauf pour le câble qui pendouille et vient vous chatouiller pendant le jeu) mais sa réactivité nullissime. Quel abominable temps de réponse!

    La Wii U, c’est ce schéma qui se répète: de belles promesses sur le papier, mais quoi de concret? Des éditeurs tiers absents, que du Nintendo comme titres intéressants. À 300 balles la console, je passe mon chemin. Depuis le Wii Motion Plus, aveu de foutage de gu&*#e de Nintendo, je fais l’impasse sur les Mario et Zelda, hormis sur 3DS. Bien que ce soit triste, il est temps que les joueurs cessent d’acheter des consoles à la ramasse pour jouer toujours aux “mêmes” jeux depuis plus de 25 ans. Seul véritable progrès: Nintendo ressort enfin plus de deux Mario et Zelda par console.

    Alors, pour ou contre leur disparition du rayon matos? Contre, mais pas à n’importe quel prix. À condition qu’ils tiennent leurs promesses (matos plus performant, meilleure utilisation de la mablette, abandon du gameplay asymétrique). Je plaide pour le retour d’un pad filaire fiable, j’abhorre ces Wiimote/Nunchuck non réactifs. Dans les conditions actuelles, je laisse les autres payer son respirateur artificiel à Nintendo. Une fois que la société sera sortie du coma, je serai ravi de lui verser un écot bien mérité.

    • Stéfan dit :

      Je précise juste pour lever tout ambiguité : je ne suis pas pour une disparation de Nintendo de la scène des fabricants de consoles. Ce que j’aimerais, c’est juste qu’on puisse jouer à des jeux Nintendo sans que cela ne revienne soit à se priver d’à peu près tous les autres jeux valables, soit à devoir se payer 2 consoles de salon à 300€.
      Etant donné que Nintendo n’est pas capable (voire ne souhaite pas, cf. les messages de Choucroute ci-dessus) d’accueillir sur ses consoles les gros titres des éditeurs tiers, il faut que ce soit les jeux Nintendo qui aillent vers les consoles qui accueillent ces autres jeux. Et donc que Nintendo ne sortent plus ses jeux en exclu sur ses consoles…

  6. =Don Cristo= dit :

    Les jeux qui sortent et vont continuer de sortir donnent envie, forcément. Par contre ce ne sont pas des killer apps, pour moi. La killer app doit justifier l’achat d’une nouvelle technologie.
    (…)
    Nintendo pourrait sortir Mario Kart sur toutes les consoles (…)
    Ce serait pas génial ça ?

    Ces deux extraits inclus, toute cette intervention est on ne peut plus pertinente. Mais depuis quand le business de la technologie rimerait-il avec la pertinence? C’est un peu idiot, mais je voudrais pouvoir jouer à du Nintendo sur Nintendo ET ailleurs. Finalement, c’est un peu le même principe pour les autres exclus de la concurrence: pas de Ni no Kuni et de Last of Us pour moi, car “pas de PS3, pas de chocolat”!
    Voilà bien un problème en apparence insoluble. Je ne parle pas ici à la première, mais à la troisième personne (au nom de Nintendo ET de la communauté de joueurs).

    • Stéfan dit :

      Oui, le problème des exclus est le même partout. Mais honnêtement, les exclus PS ou Xbox sont très loin d’être aussi fédératrices que celles proposées par Nintendo. On se trouve donc dans la situation paradoxale où la console qui sera la moins répandue de cette génération sera aussi celle qui accueillera le plus d’exclusivités faisant baver des millions de joueurs de tous âges…

      • =Don Cristo= dit :

        Ce que je précise ici n’engage évidemment que moi, mais cette politique de Nintendo est contre-productive. À force de nous proposer du matériel obsolète (bien que doté de qualités indiscutables) depuis plusieurs générations de consoles, Nintendo nous a tout naturellement amenés à passer à la concurrence. Ne nous voilons pas la face: à un moment donné, on en a marre de jouer en low-definition à une énième déclinaison du même jeu. Passe encore lorsqu’il s’agit de nouvelles IP (comme, en son temps, le premier Luigi’s Mansion), mais si c’est pour revivre toujours les mêmes expériences, vient un moment où l’on s’en va. Et puis, lorsqu’il nous est donné de comparer les versions d’un même titre, lequel choisir? Celui qui est beau et fluide, ou celui qui est moche et fluide? Sans oublier que jouer à certains types de jeu (au hasard, les jeux de “simulation” automobile) sur matos ‘tendo, c’est tendu.

        Alors oui, nous baverons devant certaines exclus Nintendo. Lâcher 300 eur pour les avoir? No way. La solution? La concurrence ou un autre loisir. Point. En tous les cas, c’est de l’argent (que nous sommes prêts à dépenser) perdu pour Nintendo.
        La politique de la firme de Kyoto était claire: conquérir de nouveaux joueurs, ceux-là mêmes pour qui dépenser de grandes sommes pour jouer est inenvisageable. Sa conséquence a été le désintérêt de nombreux joueurs (softcore et hardcore). L’autre problème de cette approche est que ces mêmes clients ne vont pas systématiquement éprouver le besoin de (ou simplement, avoir la possibilité de) dégager de nouveaux budgets pour répéter l’expérience. Ajoutons à ça le retard technologique de la Wii U et de ses IP et manettes de jeux datées, et voilà une explication partielle de l’impasse dans laquelle se trouve actuellement la console. L’absence d’éditeurs tiers, ça s’appelle le coup de grâce.

        Je pleurerais la disparition de Nintendo, dont les franchises sont sans conteste celles qui m’ont le plus transporté (c’est toujours le cas), mais je ne continuerai pas à payer pour des consoles et jeux rétrogrades. Ou alors, j’investirai dans du rétrogaming, pour avoir le bonheur de revivre des expériences authentiques.

        Tout ceci nous amène à une conclusion: Nintendo ferait bien de lire des articles comme celui-ci et d’en tirer des enseignements. Les deux parties auraient à y gagner, avant que ne soit définitivement prononcé le divorce.

      • =Don Cristo= dit :

        Flûte, il fallait lire “L’autre problème de cette approche est que ces mêmes nouveauxclients (…)”, parce que sans l’adjectif, ça fait contresens.

Réagir à cet article

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.