A partir de ses 4 ans, son papa le fait voyager à travers 40 ans d’histoire du jeu vidéo

Andy Baio, développeur web, amateur de jeux vidéo, et papa du petit Eliot depuis 2004, avait imaginé des tas de plans rigolos à mettre en oeuvre dès les premières années de son enfant. L’un d’eux était de lui faire croire qu’on vivait dans une simulation informatique, mais sa femme n’était pas d’accord. Dommage. Alors il s’est rabattu sur un plan B, consistant à présenter à son fils, à partir de ses 4 ans, des tas de jeux vidéo, dans l’ordre chronologique de leur sortie. Ainsi, en 6 ans, Eliot a vécu en accéléré 40 ans d’évolution du jeu vidéo.

Andy raconte l’histoire en détails dans un article intitulé Playing with my son – An experiment in forced nostalgia and questionable parenting.

En 2004, à la naissance d’Eliot, l’actualité du jeu vidéo c’est la sortie de la Nintendo DS, Half Life 2 et Doom 3. Le plan d’Andy est le suivant : dès qu’Eliot a l’âge requis pour commencer à jouer (4 ans), il commence avec les vieux jeux d’arcade ou de l’Atari 2600, comme Pacman, Asteroids et Zaxxon. Un an plus tard, il passe à l’ère 8-bits avec les classiques de la NES et de la Master System. Puis un ou deux ans plus tard, au tour de la Game Boy, de la Super Nintendo et des jeux d’aventures sur PC. Et ainsi de suite, jusqu’à avoir rattrapé l’époque actuelle.

On y est : Eliot a 10 ans, et il a parcouru l’histoire du jeu vidéo comme peu d’enfants avant lui (probablement aucun, en fait), grâce à son papa et à ce plan, dont on imagine aisément qu’il n’a pas forcément été facile à mettre en oeuvre. D’une part parce que le jeu vidéo est un loisir culturel qui ne s’est pas encore bien organisé pour la transmission inter-générationnelle (cf.), d’autre part parce qu’il a fallu rester suffisamment motivé par l’expérience pendant 6 ans, malgré ce que peuvent représenter les tentations des jeux vidéo modernes.

Aujourd’hui, Eliot joue à toutes sortes de jeux, Minecraft et les autres hits du moment bien sûr, mais aussi les vieux jeux ou les jeux récents au look rétro. Mais surtout, c’est un excellent joueur. Il est bien meilleur que son père (de l’aveu de ce dernier !), et peut finir des jeux réputés très difficiles, comme Spelunky.

Est-ce que ces résultats est réellement le fruit de cette expérience de longue haleine, cette progression (chrono)logique dans l’évolution du jeu vidéo et de ses mécanismes ? Est-ce que c’est simplement le fait d’avoir beaucoup joué qui en fait un meilleur joueur, curieux et doué ? Est-ce qu’il n’était pas tout simplement déjà pré-disposé à être bon dans ce domaine ? Est-ce que de toute façon nous ne sommes pas condamnés à être plus nuls et plus intolérants que nos enfants en matière de jeux vidéo (quelle que soit la façon dont on les y expose), simple question d’environnement et d’évolution culturelle ?

Pour le savoir, il faudrait reproduire l’expérience, avec un échantillon plus grand d’enfants. Alors amis lecteurs et amies lectrices qui n’avez pas encore mis vos enfants en contact avec les jeux vidéo, vous savez ce qui vous reste à faire. Vous trouverez des émulateurs Atari 2600 ici.

Pour lire toute l’histoire, agrémentée de tweets publiés tout au long de l’expérience : Playing with my son – An experiment in forced nostalgia and questionable parenting.

4 réponses

  1. Anthony dit :

    J’adore son plan A !! !! Mais je vois pas trop comment il comptais faire croire ca à son fils !!

  2. Audrey S. dit :

    il a zappé la Mega Drive ?!

    Ici, nos enfants connaissent Super Famicom, MegaDrive, NES, Dreamcast, PS1, Xbox 360

    • Stéfan dit :

      Oui, c’est étrange l’absence de la Megadrive, d’autant plus que cette console a cartonné aux Etats-Unis. Après, j’imagine qu’il faut faire des choix, dans ce genre de plan fou. Dans le monde réel, chacune de ces consoles a occupé des enfants et ados pendant plusieurs années chacune. Donc même en se limitant aux plus gros jeux de chaque plateforme, s’il fallait passer du temps sur chaque console en un temps limité, ça voudrait dire faire uniquement du survol des jeux, du zapping. Ce serait dommage.

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