Concernant les âges minimum conseillés ici pour les films…

Les articles concernant les âges minimum conseillés pour les films font partie des plus lus sur Geek Dad Power. Ce sont aussi les plus controversés, occasionnant parfois des réactions outrées de quelques visiteurs – toujours dans le même sens : nous conseillerions des âges trop bas. Voici quelques précisions qui peuvent être utiles, avant de lire nos avis. Nos recommandations s’adressent uniquement aux parents qui partagent avec nous un certain nombre d’hypothèses de base, qui sont les suivantes.

Version courte pour le lecteur qui n’a pas que ça à faire

  • Les recommandations officielles ne sont pas une information suffisante pour connaître l’âge minimum idéal
  • Aucun avis n’est universel, tous les enfants sont différents, donc à chacun d’adapter ce qu’il lit à la situation qu’il connait
  • La surprotection est nocive sur le long terme. L’illusion de sécurité de court terme ne doit pas étouffer d’autres critères, comme le plaisir et le développement culturel.
  • Les enfants n’ont pas besoin de comprendre un film dans ses moindres subtilités pour pouvoir l’apprécier et en retirer une expérience positive et enrichissante (pas plus que les adultes d’ailleurs).
  • Il faut maintenir une cohérence dans le parcours de l’enfant, avec une augmentation progressive du niveau d’exigence des films qu’on lui montre, sachant qu’arrivera un âge où les parents ne pourront plus contrôler. Il y a donc un compte à rebours à prendre en compte.

Si vous partagez ces 5 principes, alors a priori nos indications d’âge devraient vous être utiles. Dans le cas contraire, il vaut mieux que vous cherchiez sur d’autres sites qui utilisent des logiques de recommandations différentes, basées sur d’autres priorités.

Version longue pour le lecteur avide de détails

1. Ne pas se limiter aux recommandations officielles

Nous pensons que les recommandations d’âge minimum officielles ne sont pas une indication suffisante. D’ailleurs elles se contredisent d’un pays à un autre (exemple : Ninja Turtles déconseillé aux moins de 13 ans aux Etats-Unis, mais tout public en France).

Interstellar

En France, Interstellar est officiellement classé “Tout public” (comme la majorité des films). La classification officielle est-elle une indication suffisante ?

Dans certains cas, la recommandation officielle est trop laxiste (“Tout public” en France pour Interstellar, il est évident que ça ne marche pas : on ne va pas amener un enfant de 5 ans voir ce film). Dans d’autres cas, elle est trop prudente.

Nous apportons donc dans nos avis notre point de vue, basé sur le visionnage du film. Dans chaque article, nous fournissons des indications sur le contenu du film : ce qui peut choquer un enfant, ce qui peut l’ennuyer, ce qui peut le perdre, ce qui peut lui plaire, ce qui peut le détendre… A partir de tous ces éléments, nous donnons une indication chiffrée. Mais l’essentiel est bien dans la description du contenu. Ce sont des indices à intégrer par le lecteur pour qu’à partir de son propre référentiel, de ce qu’il sait de son enfant, du passé cinématographique de ce dernier, il puisse se forger sa propre opinion.

2. Croiser plusieurs avis pour se forger le sien

Pour le moment, il existe d’autres sites internet que Geek Dad Power. Ca devrait être comme ça pour encore quelque temps. Profitez-en. Nous donnons ici un avis. C’est subjectif. C’est amateur. Nous ne sommes pas des psychologues (si vous souhaitez un avis de psychologue, voici un indice : demandez à un psychologue, c’est plus fiable qu’un blog lambda).

Lisez d’autre avis, lisez les commentaires ajoutés par les visiteurs sur nos propres avis, et faites votre moyenne, avec la pondération que vous accordez à tel ou tel critère, selon les indications sur le contenu fournies par chaque avis, et la connaissance que vous avez de votre enfant. Le site Common Sense Media est très bien pour ça, car il permet aux utilisateurs d’indiquer l’âge qu’ils conseillent, avec un commentaire. Le résultat s’affiche sous forme de moyenne, en distinguant les avis des enfants et ceux des adultes.

Common Sense Media

Le site Common Sense Media donne la parole aux utilisateurs, en distinguant parents et enfants. Il indique également le degré de violence, de messages positifs, de vulgarité du langage, etc. (ici extrait concernant le film Ninja Turtles)

Aucun avis sur l’âge n’est universel, il y a beaucoup trop de paramètres à prendre en compte, les enfants ne sont pas des robots (sauf Astro). A chaque parent d’adapter les recommandations qu’il lit à ce qu’il sait de son enfant. Ce que nous écrivons ici, c’est notre avis, qui fonctionne pour nos enfants. Nous pensons que si vous partagez les opinions émises sur ce site sur d’autres films, ou d’autres sujets comme les jeux vidéo, alors il y a des chances pour que nos recommandations correspondent à peu près à vos critères.

3. Équilibrer sécurité et ouverture

Il y a depuis quelques années une tendance à la sur-protection des enfants, dans tous les domaines (voir Comment nous sommes devenus les Big Brothers de nos enfants). Nous pensons ici que c’est potentiellement nocif. Dans le domaine du cinéma (et, plus généralement, des loisirs culturels), ceci se traduit par le blocage de l’accès à de nombreux contenus pour les enfants jusqu’à des âges assez avancés.

Ceci pose, de notre point de vue, plusieurs problèmes :

  • Qu’on le veuille ou non, l’enfant finira par avoir accès à tous les films et images dont on a souhaité le préserver. Avec l’environnement technologique et social actuel, cet accès se fera de toute façon plus tôt que ce qu’on aurait souhaité : il est illusoire de penser pouvoir contrôler tout ce que voit un enfant jusqu’à ses 18 ans. Mieux vaut donc l’accompagner, progressivement, afin qu’il ne soit pas noyé le jour où il découvre par lui-même tous les films dont on a souhaité le protéger.
  • Dans la vraie vie, il arrive qu’on soit mis en contact, sans que ce ne soit contrôlable, avec des choses violentes, des choses qui font peur. Le cinéma, comme le jeu vidéo ou les livres, permettent de s’entraîner à réagir à ces situations, dans un cadre sécurisé et maîtrisé. Se faire peur devant un film, ce n’est pas forcément une mauvaise chose.
  • L’image est omniprésente aujourd’hui dans la société, et ça ne risque pas de changer avant un bon moment. La culture audiovisuelle, la connaissance des codes de l’image et la capacité à la décrypter pour ne pas qu’elle nous trompe, l’acquisition d’une base de pop culture… Nous pensons que tout ceci est bénéfique sur le long terme, et que c’est dès l’enfance qu’on peut commencer à l’acquérir.

De façon plus générale, nous ne sommes pas d’accord avec le sacrifice du développement culturel et du plaisir que peuvent procurer les films sur l’autel d’une sécurité excessive. On objecte très facilement les risques sur le développement psychologique de l’enfant, d’éventuels traumatismes, lorsque l’âge recommandé est trop bas. Mais on voit plus rarement des avis s’offusquer des pertes, sur le plan de l’ouverture culturelle, en cas d’âge recommandé trop haut…

4. Ne pas sous-estimer les enfants

Le phénomène décrit au point précédent découle en partie d’une sous-estimation des capacités des enfants. On pense parfois qu’ils ne sont pas capables de comprendre certaines choses. Ou qu’ils ne sont pas capables d’apprécier des choses sans les comprendre. Nous pensons que c’est faux.

Enfant comme adulte, on peut apprécier de voir un film sans en comprendre toutes les subtilités. Le cinéma c’est de l’art. A t-on besoin de comprendre les paroles d’une chanson pour l’aimer ? Christopher Nolan a vu 2001 Odyssée de l’Espace à 7 ans, n’a rien compris, et n’a pas été dégoûté du cinéma pour autant.

Est-il indispensable de tout comprendre des subtilités et références de Star Wars pour apprécier l’histoire des gentils Rebelles qui détruisent la méchante Etoile Noire ?

Bien sûr, certains films (la majorité des films actuels, en fait) ne s’apprécient pas sans un minimum de capacité à entrer dans l’histoire qui est racontée. Mais on peut avoir du plaisir à voir un film sans accéder immédiatement à ses multiples niveaux de lecture. Et, en le revoyant plus tard, apprécier encore davantage le fait de découvrir de nouvelles subtilités, des éléments qu’on ne pouvait pas comprendre à 8 ans mais qu’on comprend à 12 ans ou 16 ans. Star Wars fait partie de ces films à multiples niveaux de lecture. Les dessins animés du studio Ghibli aussi.

5. Construire un parcours progressif

Il est souhaitable, selon nous, de procéder progressivement, et ne pas trop tarder pour initier l’enfant, par étapes cohérentes, à des films un peu plus exigeants, un peu plus effrayants, un peu plus dynamiques. A Disneyland, on ne passe pas de It’s a small world à Space Mountain du jour au lendemain, sans un certain nombre d’étapes intermédiaires.

Lorsqu’on indique ici qu’Interstellar peut convenir autour de 9 ans, cela suppose que l’enfant soit déjà passé par un certain nombre d’étapes préalables. Qu’il ait vu Star Wars et d’autres films de science-fiction 2-3 ans plus tôt. Qu’il ait vu le Seigneur des Anneaux ou d’autres films très longs et parfois lents, et les aient appréciés. Qu’il ait digéré Retour vers le Futur et ses paradoxes spatio-temporels. Tout ceci forme un ensemble cohérent, un parcours par étapes successives dont l’ordre n’est pas aléatoire et qui permet progressivement d’accumuler l’XP et les compétences nécessaires pour aborder le niveau suivant. Il est évident qu’un enfant qui est resté sur des dessins animés Disney jusqu’à 8 ans et 364 jours a peu de chances d’apprécier qu’on l’amène au cinéma voir Gravity le jour de ses 9 ans.

Nous vous conseillons donc de jeter un coup d’oeil aux recommandations d’âge que nous avons formulées pour des films que vous connaissez, et d’appliquer le coefficient correcteur de votre choix : si Star Wars à 5-6 ans c’est scandaleusement bas pour vous, alors les Gardiens de la Galaxie à 7-8 ans, il est évident que ça ne fonctionne pas. Adaptez nos recommandations en faisant glisser la grille pour la caler sur votre propre référentiel.


Pas d’accord avec tout ça ?

Si vous ne partagez pas au moins un des ces cinq principes, nos recommandations ne vous conviendront probablement pas. Vous pouvez les lire si ça vous amuse ou par curiosité, mais si ce que vous cherchez c’est une indication utile pour votre propre situation, alors mieux vaut vous orienter sur d’autres sites internet qui pourront vous éclairer de façon plus adaptée à votre propre référentiel.

21 réponses

  1. alexnidhogg dit :

    Très bon article! Cela met au clair des questions que certains pouvaient se poser ça et clarifie le positionnement de Geekdad. 🙂

  2. mattyllde dit :

    Et bien pour ma part je vous remercie pour ces articiles. (Je vous ai d’ailleurs connu par ces articles). J’ai le souci avec mon 9 ans impressionnable, qui ne veut plus aller voir Disney, et donc je dois bien me faire un avis avant car à 9 ans on ne peut pas tout voir. Je déplore aussi la signalétique des films en France qui ne sert à rien pour les enfants. J’aimerais une qui ressemble à celle des jeux vidéos, sachant qu’après évidemment on s’adapte à l’enfant. Et puis surtout je trouve vos recommandations très bien car vous expliquez pourquoi à chaque fois, après c’est à chacun de connaitre son enfant aussi!

  3. jaydessight dit :

    Bonjour et merci pour l’article, c’est toujours intéressant de partager l’avis d’autres personnes, surtout de parents. Pour ma part je suis en complet désaccord avec ce qui est écrit. En effet un enfant habitué à regarder des films d’actions violent ne sera pas choqué par quoi que ce soit, un enfant est avant tout un être vivant qui s’adaptera, pas de souci là dessus.

    La vrai question est de savoir ce que vous voulez montrer et dans quel but, dire qu’un Iron Man ou un Avenger enrichira un enfant est pour ma part un mauvais concept. C’est exactement comme l’hygiene alimentaire ou sportive, il est important de montrer ce qu ivous semble bon et qui amènera votre enfant a chercher l’enrichissement. Iron man & Cie est basé sur de l’émotion pure et des points de vue très bas du front. J’aime aussi les regarder mais je sais que ça reste le degré zéro de l’enrichissement, par contre c’est un bon divertissement.

    Ne vous inquiétez pas, jouer aux jeux video, et voir des films facile, votre enfant le fera bien assez tôt et sans votre aide.
    Je suis plutôt pour l’amener vers des choses plus difficile d’accès et lui facilité cette compréhension en le partagent avec vous.

  4. nusul dit :

    je comprends votre démarche. Je la respecte.

    Préambule, je suis tous sauf un mormon/puritain, je fut élevé au dbz/ken le survivant 🙂

    Mais je pense et des milliers d’études scientifiques (publiées par comité, sur presque 30ans) le pensent aussi, que vous vous trompez sur les effets de la “violence” soumis à des “enfants”.

    En effet il ne faut pas confondre ce qui est subit par un enfant et ce qu’un parent lui soumet, le résultat n’est pas le même. Un parent qui permet, légitime. Cela s’inscrit dans les schémas intellectuels d’un enfant d’une maniere totalement différente, qu’une donnée acquises par un autre biais.

    Ex: Si un enfant regarde un porno, ca n’est pas pareil dans le cadre d’une transgression que si les parents fournissent le film à l’enfant. Pourtant c’est le même enfant, le même age, le même porno. Mais la légitimité apportée par le parent change toute la donne.

    Votre argument de dire “oui mais l’enfant les verra quand meme” est simpliste. bien sur que tous les enfants transgressent les interdits, ils sont là pour ca! Et l’enfant se construit de cette manière là. Et il vaut mieux interdire trop que pas assez, vouloir faire grandir trop vite un enfant est un pari sur son avenir.

    Bien sur que tous les enfants ne deviendront pas des tueurs sanguinaires. Bien sur que ne pas mettre sa ceinture ne vas pas vous tuer à chaque voyage.
    Mais votre démarche de dire, la ceinture est inutile car le risque est trop faible, est un peu rapide.

    Par contre je vous rejoins sur le fait qu’il est impossible de définir un age universel valable. Par contre je pense qu’il serait tellement de créer des classifications factuelles et à chaque parents de décider.
    Et d’ailleurs je trouve abérant que la violence ne soit jugée que si elle est physique!? La violence psychologique peut largement plus traumatisé que l’évocation de la physique.

    Moi j’aimerais qu’on me signale la présence ou non d’éléments, et je jugerais ensuite:
    – évocation de la mort
    – visualisation de la mort
    – mort d’un protagoniste
    – présence de sang/blessures
    – présence de violence physique
    – présence de violence psychologique (haine, acharnement, chantage, etc…)
    – sexualité
    – apologie du sexisme
    – apologie du mercantilisme
    – apologie du mal (dans le sens faire du mal ou des crimes et ne pas être puni, ou le mal reussi ou gagne)
    – etc…

    Je vais prendre un exemple que j’ai vécu: Shawn le mouton le film
    Mon fils de 4ans, fan de la série est allé le voir avec moi. Shawn le mouton, hein, on y va confiant, ca fait 1an que la série tourne en boucle à la maison.
    Le film se déroule, tous se passe bien, l’histoire avance. Mais progressivement, le méchant du film monte en gamme pour ses attaques contre shawn, et devient de + en + haineux. Pour aboutir sur une scène finale ou le méchant dans un bulldozer, avec les yeux injectés de sang tentent de tuer par tous les moyens les moutons et le fermier, et sans qu’à aucun moment durant de longues minutes des éléments comiques n’arrivent à alléger la situation.
    un malais s’installe dans la salle, et pleins d’enfants commencent à chouiner, ca remue, on entends que les plus jeunes ne supportent pas la scene, mon fils m’a demander à aller sur mes genoux car “il avait peur”. Et finalement les pleurs ont commencés dans la salle, et quelques gamins étaient en larmes à la sortie et les parents étaient sécoués.
    pour illustrer mon propos: http://imgur.com/a/cWt3n

    Pourtant c’est shawn le mouton putain! à aucun moment la série n’a été dans ce registre là. C’était toujours potache, et leger. La je n’ai pas compris le délire et je n’aurais jamais pu la voir venir celle là…

    Enfin voilà c’était juste pour apporter ma pierre à l’édifice.

    PS: regardez le sketches de lemoine quand il est pion dans une crèche, avec bambie 🙂

    • nusul dit :

      Par contre je trouve hyper intéressant votre démarche de comparaison des films, en disant voila ce film A = Film B = Film C + 1an. Ça permet vraiment de se placer soi meme avec son propre référentiel

      C’est très constructif! Mais partant de ce principe, ne faudrait-il pas aller plus loin dans le concept et supprimer la notion initiale d’age? Et finalement comparer les films entre eux uniquement? plutôt que donner un age qui doit affronter 2 choses uniques à chaque famille: la réalité de l’enfant + les désirs du parent.

      Et pour vos enfants à vous, pour se positionner, quel est le premier film (hors animation disney et compagnie dédiés aux enfants) qu’il ai vu et à quel age?

    • jaydes dit :

      Commentaire très intéressant et d’ailleurs plusieurs fois j’ai eu des souci avec des images ou des propos dans les dessins animés.
      Depuis plusieurs années j’ai pu aussi constater que d’exposer mon enfant à des dessins animé n’était pas une priorité et j’ai remis ce média à ça place et aujourd’hui je réparti mieux les temps d’activités et si possible on évite ce genre de divertissement.

      • nusul dit :

        aucuns média n’est à bannir! et surtout pas les dessins animés, qui sont une porte ouverte à l’imagination. Et qui peuvent etre meme très utile pour eduquer un enfant et lui faire comprendre des situations.

        Je pense par exemple à trotro ou tchoupi, qui sont vraiment tellement éducatif pour un enfant de 2/3ans.

      • jaydes dit :

        Je ne veux bannir aucun média, par contre Tchoupi et autre Dora ne me semble vraiment pas utile pour “Eduquer”. Je te garanti qu’un dora pour ton enfant de 3 an est plus que nocif pour ça comprehension et ça toutes les études sont d’accord pour le dire depuis plus de 30 ans.
        Et non le dessin animé ne fait pas travailler l’imagination, un livre oui , une histoire orale aussi, les jeux avec les copains aussi, mais les dessins animés sont vraiment à proscrire.

      • Stéfan dit :

        “Je ne veux bannir aucun média”
        Puis 3 lignes plus bas :
        “les dessins animés sont vraiment à proscrire”

        Avis personnel : Tchoupi c’est atroce.
        Mais il existe de très bons dessins animés. Jaydes, connais tu les films du Studio Ghibli ?

      • jaydes dit :

        @stephan il fallait comprendre que les jeux sont à proscrire dans le cadre de “l’éducation”.
        Oui je connais “mon voisin totoro” ou “kiki la petite sorcière”, c’est beau et j’aurai plaisir à le partager avec mon fils mais ça ne rentre pas dans son éducation (apprentissage).

        Mais tout peut servir à faire mieux apprendre. L’important c’est l’implication que l’on y met. Ce qui m’embête le plus, c’est qu’en moins de 10 ans nous sommes passé de “La télé et le jeux vidéos fabrique des tueurs” à “L’exposition des enfants aux écrans en feront des génies”.
        Mais faite le tests vous verrez la difference entre un enfant sur- exposé aux écrans et un autre en terme cognitif. Ca se mesure très rapidement.

      • nusul dit :

        Sauf que vous négliger l’auto apprentissage par la différenciation. C’est à dire la mise en situation d’un “autre” (ici tchoupi et trotro) qui vivent des expériences similaires à “soi” sans l’entremise du parent.

        Ainsi l’enfant peut de lui même s’identifier à un personnage, seul et cela servira de base éducative au parent.

        Chose qui n’est pas possible avec les autres formes puisque l’enfant ne sait pas encore lire. Quand vous raconter une histoire à un enfant, c’est votre version et votre compréhension, vous l’aiguillez. Quand un enfant regarde un dessin animé, il est seul pour se forger ce qu’il en comprends et ce qu’il en retient.

        Ensuite je suis d’accord que la lecture est un bien meilleur média, mais à 2ans…..

        D’ailleurs toutes les études et les pédopsychiatres utilisent cette technique qui permet à enfant de s’exprimer sur ses problèmes bien + facilement qu’en parlant de lui.

        Mais je sens dans votre dialogue une anathème sur le sujet. Je l’accèpte, et je pense que je ne pourrais pas vous convaincre de toutes facons 🙂

      • nusul dit :

        ps: faire un test en un sujet extreme (surexposé comme vous le dites) et un sujet qui ne l’est pas est “débile”

        Il n’existe pas d’excès bénéfique, c’est d’ailleurs sa définition

      • jaydes dit :

        Pour commencer je ne cherche pas à convaincre je partage mon point de vue. Mais sur les questions de dessins animé je suis quasi sûr que cela ne sert à rien dans l’éducation sauf en cas pathologie peut être.
        Il suffit de faire le ratio apparition de la télé et celle de l’être humain.
        Ce que je reproche au dessin animé c’est qu’il apportent des solutions clefs en main alors qu’une histoire lu ou racontée permet à l’enfant de l’adapter à son imaginaire.

        Encore une fois je ne suis pas contre les dessins animés, je dit juste que c’est un divertissement et qu’il faut le remettre à sa place et être prudent sur ses vertus.

    • Stéfan dit :

      Nusul, merci pour ton commentaire – et ton avertissement sur Shaun le Mouton, j’imaginais ce film inoffensif, je me méfierai ! Comme quoi les films marketés pour les enfants ne sont pas forcément les plus adaptés pour eux – et inversement des films qui ne les ciblent pas spécialement peuvent parfois être très bien et passer comme une lettre à la poste.

      Pour en revenir aux indications d’âge : je suis d’accord sur le fait que proposer uniquement une classification relative des films serait moins sujet à controverse que d’afficher des recommandations d’âge. Je l’avais d’ailleurs fait pour un film, en le plaçant sur une échelle avec plusieurs références connues (malheureusement je ne sais plus que article c’était).
      Ceci dit, une telle échelle serait également critiquable, car elle serait en une dimension (à moins de s’amuser à placer les films sur des référentiels à 2 ou 3 dimensions…), donc suivant un seul critère.
      Or comme tu l’indiques toi même, il y a beaucoup de paramètres qui jouent : le niveau de violence physique, le niveau de violence psychologique, l’apologie du mal, etc. Tout le monde n’accorde pas le même poids à chaque paramètre, donc ce serait aussi critiquable.

      Donc comme aucun classement n’est parfait, et que ceci reste un blog perso où je donne juste mon avis, je fais ce qui me semble le plus simple et le plus parlant. J’indique l’âge qui me semble correct, pour moi, avec mes références, qui sont visibles en regardant les différents articles et en se raccrochant à des films qu’on connait soi-même et qu’on est donc capable de positionner par rapport à son enfant, qu’on connait aussi soi-même.

      Concernant les indications de présence de violence, sexe, drogue, etc. : tous les articles contiennent des explications, jamais un âge n’est balancé comme ça dans la nature sans indications. Ce ne sont pas des notes chiffrées, ce sont quelques mots qui indiquent un ressenti, parfois qui signalent 1 ou 2 éléments critiques du film.

      Pour des indicateurs chiffrés, tu as le très bon site Common Sense Media, que j’indique d’ailleurs dans l’article. Pour chaque film noté, il y a une quantification sur 5 points pour les critères suivants :
      – Positive messages
      – Positive role models
      – Violence
      – Sex
      – Language
      – Consumerism
      – Drinking, drugs, & smoking

      Je pense que ça répond à ton souhait.

      Enfin une dernière chose : les DBZ et Ken que tu regardais quand tu étais petit : était-ce en douce, ou bien tes parents étaient-ils au courant et consentants ? (puisque tu poses la question très pertinente du consentement parental vs. la transgression)

      • nusul dit :

        je réponds vite fait, : pour les ken et dbz, c’était sans aucunes connaissance du sujet par mes parents qui s’en foutaient largement. Et si ils avaient regardé je ne pense pas que cela les auraient dérangés.

        Mais c’était une autre époque (il y a 40ans bientot 🙁 ), l’amiante était pratique, ca fumait partout, pas de ceinture dans les voitures, etc…

        Je pense aujourd’hui être un parent largement plus inquiet que mes parents, et largement plus alerte sur ces sujets là. Faut dire que la télé était surement une nounou pratique à l’époque.

        Mais j’étais un enfant difficile, dans un quartier difficile. Mes enfants sont des agneaux à coté de ce que je fut. Mais je n’ai pas envie qu’ils aient la meme vie 🙂 Donc je cherche à faire au mieux.

        Et je ne sais pas pkoi, mais j’ai tendance à être assez protectionniste avec eux, et je me dis que retarder l’accès à la violence (sous toute ses formes) ne peut pas être néfaste pour eux.

        Mon dilemne: je suis fan de bd/mangas/animes/films d’action/etc…. Donc dilemme entre protectionnisme et envie de partager. 🙂

        enfin en tout cas continuez votre travail intéressant!

        En fait à l’origine je cherchais un site pour aider mes parents à choisir les films pour leurs petits enfants. Car ils ne se rendent pas compte que des dessins animées pour adultes existent. (vivement urotsukidoji dans les ugc 🙂 🙂 🙂 ) Mais ici, vos recommandations sont un peu jeunes pour moi.

  5. Stéfan dit :

    Merci pour vos commentaires, qu’on soit d’accord ou pas, je trouve ça vraiment bien que ça discute.

    Pour répondre rapidement :
    – Nusul : tu indiques “Je pense aujourd’hui être un parent largement plus inquiet que mes parents, et largement plus alerte sur ces sujets là.” Je me faisais justement cette réflexion en lisant, à plusieurs reprises, des commentaires de ce type. “J’ai vu des trucs un peu violents à la télé quand j’étais petit [je n’en ai pas été traumatisé] mais aujourd’hui je ne montrerais pas ces mêmes choses à mes enfants”. Je pense qu’il y a une tendance à la surprotection, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. Voir également les réflexions sur l’autonomie de moins en moins grande qui est laissée aux enfants pour sortir de la maison. Tout ceci mérite réflexion. La comparaison avec la ceinture de sécurité ou l’amiante ne tient pas, car les têtes éclatés sur les pare-brise ou les cancers, ça n’a rien de bon. Alors que l’exposition à des sensations fortes dans le cadre sécurisée d’un film (ou d’un manège, ou autre divertissement “qui fait peur”), ou l’apprentissage de l’autonomie pour se déplacer sans les parents 24h/24, c’est utile. Même si effectivement ça comporte parfois un petit risque.

    – Jaydes : je ne comprends pas en quoi l’histoire de Cendrillon (par exemple) lue serait plus ou moins éducative que la même histoire racontée par un dessin animé. Le but des dessins animés n’est pas d’éduquer, du moins il ne l’est pas plus que celui des contes de fées sur lesquels beaucoup sont basés (pour les Disney classiques). Si on concède une valeur éducative au conte de fées lu, il me semble difficile de la refuser au conte de fée animée. Après il y a bien sûr d’autres effets bénéfiques de la lecture (relation entre le lecteur et celui qui écoute, développement du goût pour le livre, etc.). Mais c’est autre chose que l’éducation liée au fond.

    • jaydes dit :

      @Stéfan C’est ce que je pense aussi, mais peut être que je l’ai mal dit. Le dessin animé ne peut constituer une éducation, ça peut à la rigueur être une aide occasionnelle mais pas un support.
      Pour ceux qui ne l’aurai pas lu je vous conseil le livre de vulgarisation “TV LOBOTOMIE – La vérité scientifique sur les effets de la télévision”.

      Là, pour le coup c’est extrêmement éducatif pour les parents sur les systèmes d’apprentissage de nos cher bambins. De plus il est extrêmement sourcé, du coup quand on a une étude qui démontre les effets néfaste de la télé on peut douté mais là ils sont malheureusement tous d’accords et les divers études sont faite à travers le monde et depuis plus de 30 ans.

  6. Stéfan dit :

    Attention il ne faut pas confondre télé et dessin animé… Il y a des programmes nocifs à la télé, il y en a des bons, certains sont des dessins animés d’autres non, il y a des dessins animés au cinéma, certains sont intelligents, d’autres moins…
    Tout mettre dans le même paquet, c’est pas bon.

  7. Nicolas dit :

    MErci pour cet article intéressant et bien rédigé. Je pense être un peu sur-protecteur donc vous m’aider à assouplir ma position. Cela dit je ne crois pas beaucoup à l’argument du contexte (vue l’époque on ne pourra pas empêcher les enfants etc…) car c’est un peu défaitiste. Je vois autour de moi des parents très laxistes qui montrent à des enfants de 6 ans des films qu’eux-même avaient découvert à 10 comme s’il n’y avait pas une réelle différence. Je dis souvent à mes enfants qu’ils pourront tout voir mais que pour l’instant je décide quand…

  8. Mira Lacq dit :

    J’ai commencé à chercher des choses à ce sujet après avoir vu ce matin que la petite série “Shaun le Mouton” n’est pas recommandée pour les moins de 10 ans, restriction que je ne comprends absolument pas. Toutefois, je comprends votre explication de la restriction sur le long-métrage, je n’y avais pas pensé (mes enfants sont adultes maintenant, je l’ai regardé sans petit enfant près de moi). Peut-être est-ce à cause du long métrage qu’ils ont mis la restriction sur la série aussi, sinon les enfants ne comprendraient pas pourquoi ils ne peuvent pas voir le long-métrage?

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