10 bonnes raisons de montrer la trilogie du Seigneur des Anneaux à un enfant de 6 ans

J’ai l’impression que la trilogie du Seigneur des Anneaux a une image d’incompatibilité totale avec un visionnage par des enfants au dessous de 10 ans. Trop compliqué, trop violent, trop effrayant et/ou trop long… Pour faire avancer la science, j’ai testé avec E. (6 ans) il y a quelques mois. Je voulais en faire un psychopathe ou un insomniaque, ou au moins le dégoûter à vie de l’heroic-fantasy en lui montrant à quel point c’est ennuyeux, malheureusement ça n’a pas marché. Voici les conclusions de l’expérience, en 10 raisons pour lesquelles vous pouvez montrer les trois films du Seigneur des Anneaux à un enfant de 6 ans. Note : l’ordre de la liste est aléatoire.

Fig. 1 : Jusqu'à preuve du contraire, cet homme ne mange pas d'hommes.

1. Gandalf le Blanc n’a rien à voir avec Hannibal Lecter

Je commence par éliminer un malentendu. Il ne faut pas confondre le Seigneur des Anneaux avec le Silence des Agneaux. Non mais je préfère préciser parce que plusieurs fois, j’ai remarqué que des personnes mélangeaient les deux. Alors que ce n’est pas exactement la même chose. J’irai même jusqu’à dire que je suis d’accord avec les personnes qui pensent que le Silence des Agneaux à 6 ans, c’est trop tôt. Il faut avoir au moins 7 ans et demi.

2. C’est pas si compliqué que ça en a l’air

Il y a plusieurs niveaux de compréhension de l’histoire, dont un niveau accessible même pour des noobs de 6 ans. Il suffit de faire abstraction des histoires parallèles (comme celle d’Aragorn avec son trip « je suis amoureux d’une Elfe mon dieu que va t-il se passer » et son « je suis le roi mais personne est au courant sauf 2 ou 3 gars mais je reviens au bercail pour récupérer mon trône alors bon je vous préviens gentiment mais y a des têtes qui vont tomber »), pour se concentrer sur la quête centrale de Frodon (et son fidèle Sam). On a ainsi un fil conducteur à la fois compréhensible et suffisant pour rester intéressé pendant les environs 11h que dure la trilogie dans sa version longue. Résultat : alors que j’avais des doutes, au début de l’expérience, sur la capacité d’E.(6 ans) à tenir jusqu’à la fin, il a accroché dès le premier film (le plus linéaire et donc le plus simple à comprendre, ceci dit) et était ensuite impatient de voir la suite. A titre de comparaison, je pense qu’E. (6 ans) a mieux compris le Seigneur des Anneaux que les épisodes 2 et 3 de Pirates des Caraïbes (qui sont un peu compliqués, mine de rien).

3. Un soupçon de rigolade

Il y a quelques gags, le genre de gags simples au premier degré, qui marchent toujours très bien avec des enfants. Marche encore mieux, surtout avec des garçons : les gags insérés à l’intérieur de combats, et dont les victimes sont les méchants. Alors ça c’est le top. Et ça aussi, y en a dans le Seigneur des Anneaux.

"Frodon, ne sous-estime pas le pouvoir du côté obscur de l'Anneau Unique."

4. Star Wars avec une skin heroic-fantasy

La recette est assez comparable à celle de Star Wars, finalement. Et Star Wars ça fonctionne parfaitement dès 5 ans, même si on ne comprend pas tout, tout de suite. Entre parenthèses : salaud de Tolkien qui a tout pompé sur George Lucas qui a tout pompé sur d’autres gars que personne ne connaît.

5. Moins effrayant que Harry Potter

Honnêtement, il n’y a pas grand chose de plus effrayant dans le Seigneur des Anneaux que dans Harry Potter. Je dirais même que c’est moins effrayant car tout l’univers est fictif, sans lien avec notre monde réel, alors que Harry Potter se fait agresser par des fantômes pendant un voyage en train (par exemple). Autrement dit : ça pourrait très bien nous arriver dans la vraie vie. Alors que bon, se faire attaquer par un troll des cavernes pendant qu’on explore les mines de la Moria, c’est le genre de trucs un peu moins fréquents que des voyages en train.

6. Mais quand même un petit peu effrayant

Ca ne fait donc pas trop peur, mais quand même un petit peu, quand même. Les nazgûls, les orcs, les squelettes fantômes (qui sont finalement des chics types d’ailleurs, voir point n°7 sur ce sujet), l’araignée géante… tout ça c’est quand même autre chose que Winnie l’Ourson (note : je n’ai rien contre Winnie l’Ourson, bien au contraire. Surtout Tigrou qui est très cool). Et des trucs qui font un peu peur, c’est pas mal d’en introduire un peu dans le régime alimentaire. Sinon on reste toute sa vie à faire des tours de It’s a small world et on ne monte jamais dans Big Thunder Mountain. Et on finit fou (à cause de la chanson – ne cliquez pas malheureux !). A l’âge de 16 ans on tue ses parents, et du coup ils sont obligés d’arrêter leur blog. Alors merci mais non merci.

Un vrai petit chaton qu'on a envie de caresser. Sauf quand il veut nous étrangler pendant notre sommeil pour nous voler notre Précieux, évidemment.

7. Nous le voulons… et nous l’aurons, mon Précieux !

Gollum est un excellent faux méchant. Par faux méchant j’entends le genre de type comme le vieux à la pelle dans Maman j’ai raté l’avion. Un personnage qui fait peur au début, surtout si on ne regarde que son apparence (de méchant), mais qui en fait a une blessure secrète qui fait qu’il est pas si méchant que ça, le pauvre. Et ça, ça change des méchants et gentils un peu trop évidents à la Disney.

8. 100% de mains tranchées en moins que dans une autre saga épique

Contrairement à une idée répandue, il y a moins de violence qui pique les yeux que dans Star Wars (par exemple), qui en contient déjà assez peu, en tout cas largement en dessous de la dose létale pour des enfants. Ainsi dans le Seigneur des Anneaux, personne ne se fait trancher la main sous nos yeux. N’est-ce pas, Messieurs Skywalker père et fils ? Finalement, à part sur des monstres, il n’y a pas de mutilations – la blessure la plus traumatisante est peut-être celle de Frodon par les Nazgûl dans la Communauté de l’Anneau, pas parce que c’est violent, mais surtout parce que ça se passe de nuit, avec des types qui ont des têtes de mort.

Non, ce ne sont pas des élèves de CM2 mais bien des adultes avec un permis de conduire, des poils (sur les pieds) et des tas de responsabilités (comme par exemple sauver la Terre du Milieu).

9. Qui se ressemble s’assemble.

Les enfants aiment les films avec des enfants dans les rôles principaux. Alors oui, d’accord, dans le Seigneur des Anneaux il n’y a pas d’enfants. Mais l’astuce géniale (volontaire ou non, j’en sais rien), c’est que les Hobbits ressemblent à des enfants. Physiquement, mais aussi au niveau du caractère : joueurs, insouciants, facilement effrayés… (à l’exception de Frodon, qui s’éloigne de plus en plus de cette définition au fur et à mesure que l’histoire avance). Je crois que tout au long des trois films, dans l’esprit d’E. (6 ans), les Hobbits étaient des enfants. Plusieurs fois je lui ai dit que c’était des adultes mais c’est pas rentré, l’image l’a emporté.

10. Pas de Chipmunks.

Oui car vous êtes obligé de choisir. Soit vous montrez à vos enfants de 6 ans Alvin & Les Chipmunks (et leurs horribles voix), soit vous leur montrez le Seigneur des Anneaux. C’est soit l’un, soit l’autre. Alors, vous choisissez quoi ?

[br]

Bon ben voilà.

La prochaine fois je vous expliquerai pourquoi il ne faut pas montrer la saga Mimi Cracra à un enfant de 6 ans.

18 réponses

  1. Spectembre dit :

    C’est vrai qu’en en y repensant, je crois que le seul moment plus ou moins rude, c’est quand Frodon se fait bouffer le doigt, à la fin. Enfin, y’a aussi Legolas, comme passage rude, hélas.

  2. Guillaume dit :

    Ne devrait-on pas laisser leur esprit vierge de toute image afin que leur première lecture de ce chef d’oeuvre soit plus personnelle?

    • Stéfan dit :

      C’est une possibilité, mais dans ce cas, les livres étant difficilement accessibles avant 14-15 ans (sauf lecteurs très motivés), ça revient à priver les enfants d’accéder à l’univers du seigneur des anneaux. Et ça je trouve que c’est dommage. Les films existent, ils sont plutôt bons, profitons-en. Les livres peuvent toujours être lus plus tard, et apporteront d’ailleurs un certain nombre de surprises étant donné tout ce qui a été supprimé pour l’adaptation cinéma.

  3. Soflayie dit :

    Je ne comprend pas pourquoi tu surnomme Tolkien comme  » un salaud « .
    Il n’y a pas la moindre copie avec Star Wars si ce n’est le rôle de Dark Vador et les Nazguls ( encore une fois une version totalement différence, l’un dominé par son instincts et les autres qui ont étés trompé.

    Mais effectivement, je tiens à souligner que le seigneur des anneaux serait le meilleur moyen de développer la compréhension de la fiction au réel, et qui plus est, leurs donner de bons souvenirs ?

    Soflayie.

    • Krisdevil dit :

      surtout que star wars a été écrit après le seigneur des anneaux. 😉

    • Stéfan dit :

      Je pense qu’il y a d’autres points communs entre Star Wars et le Seigneur des Anneaux. Par exemple je trouve les personnages de Frodon et de Luke Skywalker assez similaires. Tous deux ont passé leur jeunesse dans une partie reculée et tranquille du monde, jusqu’à en être extraits par un messager qui leur a confié une lourde responsabilité : la connaissance de la Force, l’anneau unique. Dans les 2 cas, cette responsabilité est un fardeau dangereux à porter : son pouvoir peut amener celui qui le détient à passer du côté obscur (le côté obscur de la Force, dominé par la haine ; l’anneau unique qui transforme peu à peu son porteur en quelqu’un d’égocentrique et paranoïaque).

      Evidemment ce sont des thèmes qu’on retrouve de toute façon dans de nombreuses épopées ; on pourrait aussi parler d’Harry Potter, parmi les trucs très récents.

      • Daegalen dit :

        Je suis tout à fait d’accord avec toi. Je dirai même plus, Star Wars est une relecture du Seigneur des Anneaux, et plus que de la science-fiction, c’est une quête initiatrice digne des plus grandes histoires d’Héroïc-Fantasy.
        On a juste remplacé les chevaux par les vaisseaux, les pays par des planètes et la magie par la force.

        George Lucas en est très friand de ces « quêtes ». Willow n’en est-il pas un autre exemple (avec un bel emprunt à la bible aussi) ?

        Mais peut-être est-ce Tolkien et Les Apôtres qui ont plagié Lucas. La honte soit sur eux….

      • Stéfan dit :

        D’ailleurs, d’aucun considèrent que Star Wars appartient au genre de la science-fantasy, empruntant aussi bien à la science-fiction qu’à l’heroic-fantasy.

        http://en.wikipedia.org/wiki/Science_fantasy

  4. =Don Cristo= dit :

    Sans avoir creusé la question, il est bon de renvoyer vers le « monomythe » (comme toujours, Gougueul est ton poto), qui explique que l’immense majorité de ces histoires « shônen » sont des déclinaisons du même schéma, qui se répète inlassablement.

    Comme peut être reproché à Lucas d’avoir puisé son inspiration chez d’autres, Rowling a aussi pompé d’autres auteurs/histoires. C’est l’évidence même, est-il encore possible d’inventer sans référence, sans risque de « plagiat »? Bien sûr que non. Toute création artistique renverra d’office, pour l’un ou l’autre, à une autre œuvre, proche ou éloignée. Ce qui distinguera le plagiat de la (re)création, c’est le talent et l’intérêt.
    Prétendre de nos jours créer ex nihilo est un mensonge éhonté, excusable néanmoins si le copiage est inconscient.

  5. Elise dit :

    J’attends impatiemment ton avis sur Mimi Cracra.

    Merci pour ces 10 raisons.

    C’est vrai que le doigt coupé par Gollum est peut être le seul truc gore…

  6. Sven dit :

    Bon, mon commentaire vient probablement longtemps après les autres, mais je découvre juste le site.

    Personnellement j’hésite a montrer le seigneur des anneaux a mes deux ainé(e)s bientôt 9 an et 7 an et demi, pour deux raisons:

    Premièrement, je trouve dommage de rentrer dans l’univers de la guerre de l’anneau par les films, et non par la lecture des livres, mais l’argument de l’age ou le seigneur des anneaux deviens abordable est à prendre en compte.

    Deuxièmement, je trouve, mais cela vaut probablement pour la plupart des films récents (depuis Matrix ?), que les scènes d’actions et de combat sont plus longues, et plus ‘rapides’ que dans des films plus anciens (star wars, willow par exemple, même Indiana Jones d’ailleurs), et que cela ne doit peut-être pas être très bon pour les enfants. Après, je me trompe peut-être, je n’ai jamais vu ce genre de critère mentionner sur les sites parlant des problématiques de visionnement de films pour les enfants, et de toute façon je crains que si on utilise cela comme critère de visionnage, on risque de ne leur montrer aucun film récent …

    En tout cas, merci pour ces avis, j’ai vraiment apprécié .

  7. montacutins dit :

    Allez, à mon tour de déterrer ce sujet.

    Nous n’avons toujours pas montré Le Seigneur des Anneaux à C.8, non pas pour la violence graphique, qui, en effet n’est pas importante, mais pour l’atmosphère.

    L’atmosphère du film est *beaucoup* plus noire et oppressante que dans Star Wars. C’est bien plus anxiogène et traumatisant (pas à vie, hein, mais quand même). Comme les Harry Potter d’ailleurs.

    Donc, nous, on attend encore un peu… 🙂

  8. Cécile dit :

    Ahhhh, merci pour cet article.

    C’est vrai que je me posais quand même pas mal de questions (mais a posteriori, hein parce que c’est trop tard.. notre fille de presque 6 ans l’a vu avec nous…).

    Nous aussi étions « vierges » du Seigneur des Anneaux, pas seulement elle. On a découvert en même temps qu’elle. On ne s’est pas vraiment méfié (bon on a assez vite compris quand même)

    Verdict : elle a eu un peu peur mais pas trop « parce que de toute façon les monstres ça n’existe pas, hein maman ? », et surtout elle a vraiment accroché, évidemment le côté magique des elfes, le côté mignon des Hobbit, grotesque du nain, etc… Ca aide…

  9. troll dit :

    Et plus tard ils regarderont des trucs en cachette déconseillé pour leur age et vous n’y pourrez rien…
    (On l’a tous fait)

    • Stéfan dit :

      Salut troll,
      Je n’ai pas compris à qui s’adresse ton message, en tout cas je suis d’accord : il est impossible de contrôler tout ce que voient les enfants, d’où l’importance de ne pas être trop frileux sur ce qu’on leur montre quand ils sont petits, bien sûr avec des limites, mais sans tout bloquer. Sinon la marche à franchir quand l’enfant va passer de Tchoupi à des trucs un peu plus durs risque d’être un peu haute…

  10. Audrey Douma dit :

    merci pour votre article,

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