M. Peabody et Sherman : pas mal, mais…

Quand j’ai vu la bande-annonce de M. Peabody et Sherman la première fois, je me suis dit “cool, un film sur les voyages temporels qui devrait être super pour des enfants”.

Après l’avoir vu aujourd’hui avec U. (G4) et E. (G8), voici un rapide avis.

La scène de la Joconde : aucun intérêt si on n’est pas au courant du fameux mystère du sourire…

Le principal problème de ce dessin animé est qu’il ne sait pas trop à qui il s’adresse, mais que contrairement à un Pixar ou un Ghibli qui peut intéresser tous les âges, ici on est plutôt dans une sorte de no man’s land.

Les références historiques sont très nombreuses, et donc pour comprendre la majeure partie des gags et subtilités des différentes scènes, il faut disposer d’un bagage culturel dont ne disposent pas les enfants normalement constitués. Un exemple : lors du voyage à la Renaissance, une scène de 2 minutes avec Léonard de Vinci et Mona Lisa, scène dont le ressort comique repose quasi exclusivement sur le fameux sourire mystérieux de la Joconde. Combien d’enfants sont au courant de cette histoire ? Beethoven qui joue à Dance Dance Revolution sur une version disco de la cinquième symphonie : c’est drôle uniquement si on reconnait Beethoven à son look (car son nom n’est pas prononcé) et qu’on sait que la musique est de lui. George Washington qui fait une déclaration solennelle pour changer la loi : idem, peu percutant si on ne reconnait pas le personnage et qu’on ne connait pas son histoire. Etc.

Je pense que pour apprécier correctement toutes les références du film, il faut avoir fait le tour du programme d’histoire-géo de l’école primaire, et donc être au collège.

La version télé des années 60

Etant donné que les ados n’iront certainement pas voir un dessin animé dont les héros sont un chien qui parle et un garçon de 7 ans, il reste donc les adultes. Mais on arrive alors sur un autre problème : des films sur les voyages temporels, on en a vu pas mal, déjà, à nos âges avancés. Donc pour que ce soit vraiment intéressant, il faut quelque chose de nouveau, d’original, ou des complications à n’en plus finir nous entraînant dans un jeu de piste et de réflexion (à la Retour vers le Futur 2). Or ces voyages dans le temps de M. Peabody et Sherman n’ont rien de très complexes ni de particulièrement originaux ; la principale originalité du film tient plutôt dans le fait que le personnage principal est un chien savant qui a adopté un garçon humain. Le problème, c’est que même si cette histoire est résumée au début du film, et exploitée comme base du scénario, elle est plutôt extérieure : M. Peabody (le chien) et Sherman (son fils adoptif), c’est un duo d’un dessin animé télévisé des années 60. Donc même si le film est conçu pour être auto-portant, on sent bien qu’il est greffé sur quelque chose qui existait déjà, et que la plupart d’entre nous ne connaissait pas avant.

La réalisation est soignée, le design des personnages est réussi, c’est coloré, c’est assez dynamique – même si j’ai trouvé que ça manquait parfois un peu de rythme (en même temps, une semaine après le survolté film Lego, je pense que n’importe quel autre film d’animation donnerait l’impression de manquer de rythme). Pour peu qu’on dispose des connaissances suffisantes (bon, faut pas non plus une licence d’histoire…), on apprécie les nombreuses références plus ou moins cachées.

Age conseillé (par moi) pour M. Peabody & Sherman : film inoffensif à partir de 3-4 ans ; compréhensible à partir de 7-8 ans ; vraiment appréciable à 100% par des adultes ou enfants très en avance en culture générale, option histoire.

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