[Movie Recycler] La Planète des Singes (1968)

Prologue

La Planète des Singes - Les OriginesQuand La planète des singes : les origines est sorti en 2011, j’ai lu un article horrible qui m’avait convaincu que c’était une énorme nullité. Je ne sais pas pourquoi, je n’ai pas cherché à me documenter davantage. J’avais donc laissé passer ce film, sans y prêter plus d’attention. Il y a quelques mois, il est passé à la télé, donc j’en ai profité pour rattraper mon retard, à coût et donc de prise de risque économique nuls. Et finalement, j’ai trouvé ça pas mal du tout. Pourtant, dans ma sélection de films familiaux de l’été, je n’avais pas inclus le deuxième volet de la saga – La planète des singes : l’affrontement, pensant que ce serait peu intéressant pour des enfants.

Jusqu’à ce qu’E. et un de ses copains (9 ans), voyant la bande-annonce au cinéma avant la projection de Edge of Tomorrow, me disent “Ouah ça a l’air trop bien”. Surpris de cet enthousiasme pour un film à base de singes qui font du cheval, je me suis progressivement dit que finalement, pourquoi pas, mais oui en fait, attendez, c’est vrai, ce film peut tout à fait intéresser et convenir à des enfants. Or, il se trouve que ce deuxième volet sort maintenant très bientôt – mercredi prochain. Et, heureuse coïncidence, le cinéma le plus proche de chez moi organise une avant-première mardi soir, avec la projection des deux épisodes à suivre. L’occasion idéale donc pour y aller avec E. et qu’il découvre ces fameuses origines de la Planète des Singes.

Oui mais attention (je vous rassure, c’est bientôt la fin de cette intro interminable). Avant de découvrir les origines, ne faut-il pas d’abord voir la Planète des Singes, tout court ? Car – exactement comme quelqu’un qui regarderait la Revanche des Sith avant l’Empire contre-attaque serait méga-spoilé – si on sait déjà, quand on voit le premier film (qui se passe après, donc), que tout se passe sur Terre et non sur une lointaine planète, tout l’intérêt du vertigineux twist final disparaît. Avouez que ce serait dommage de priver quelqu’un sciemment de ce plaisir.

Mais alors, par où commencer cette histoire de Planète des Singes ?

Ne connaissant en fait pas très bien la saga, les différents films, les remakes, la série télé, j’ai mené d’intensives recherches qui au bout d’environ 30 secondes m’ont amené à la conclusion que le premier film à voir, et impérativement avant les Origines, est assez simplement La Planète des Singes, version 1968 avec Charlton Heston, le premier film sorti (ou éventuellement le remake de Tim Burton, mais il est moins apprécié par à peu près tout le monde – je ne me souviens plus pourquoi, mais j’avais été un peu déçu par la fin).

Au passage, c’est l’occasion de se plonger dans le cinéma de SF pré-Star Wars, c’est une expérience temporelle intéressante.

Or donc, hier soir, nous avons regardé le dit film. Je signale qu’il existe une édition blu-ray parfaitement restaurée (par contre, quel est le con qui a eu l’idée de mettre la fin en image sur la jaquette, merci le spoiler !).

Et donc, à partir de quel âge, la Planète des Singes de 1968 ?

Voici mon verdict, quant à l’intérêt pour des enfants.

Tout d’abord, pour un film qui a plus de 50 ans, ça a quand même très bien vieilli. Certes le jeu et les répliques font parfois un peu (beaucoup) datés, et les effets spéciaux (somme toute peu nombreux, à part sur l’introduction, à bord du vaisseau) ont pris un coup de vieux (au passage, on apprécie d’autant plus la prouesse de George Lucas, qui seulement 9 ans plus tard sortira un film qui aujourd’hui encore est étonnamment moderne et n’a pas subi les mêmes effets du temps).

Globalement, alors qu’il y a des trucs des années 80 qui sont aujourd’hui impossibles à regarder sans être mort de rire (bonjour Flash Gordon, comment ça va ?), ce film de 1968 est toujours visuellement agréable et très très loin d’être ridicule. C’est important pour des spectateurs jeunes, car la crédibilité de l’ensemble et donc la possibilité d’entrer dans l’histoire dépendent beaucoup de l’apparence générale du film.

La séquence d’exploration après le crash est assez longue et peu palpitante

Le rythme est en revanche assez lent, avec par exemple la très longue séquence (30 minutes…) avant les premiers contacts avec les singes. Cette traversée du désert (qui m’a fortement rappelé la déambulation de R2D2 et C3PO dans le désert de Tatooine, soit dit en passant, visuellement et auditivement) peut amener un enfant peu patient à décrocher avant même que l’intrigue ne commence à se dévoiler. Par la suite, le film est assez intensif en dialogues, beaucoup plus qu’en scènes d’action. Et les touches d’humour sont extrêmement rares. Tout ceci peut saouler des spectateurs nourris exclusivement aux films de science-fiction grand public plus récents, plus généreux en action et souvent en humour, et moins axé sur les joutes verbales.

Une des rares images humoristiques du film

Les thèmes abordés et le fond critique/parodique de l’histoire, qui font finalement tout son intérêt, peuvent passez au dessus de la tête d’enfants trop jeunes, car il faut avoir une certaine conscience des problèmes inter-hommes et inter-civilisations (le racisme, l’esclavagisme, les conflits religion vs. science, etc.) et hommes vs. animaux (la maltraitance animale, la condescendance de l’homme sur les autres créatures, l’exploitation des animaux pour le plaisir, etc.).

Le contenu est par contre tout à fait clean : peu de violence vraiment violente, aucune vulgarité dans les dialogues, pas de nudité… Les singes et leur comportement vis-à-vis des humains peuvent éventuellement faire un peu peur (un peu le genre de truc qui peut se transformer en cauchemar, comme les clowns). Mais à mon avis le film est visionnable sans danger à partir de 6-7 ans. Par contre, pour réellement en profiter, ne pas s’ennuyer et trouver ça nul, je pense qu’il faut viser plutôt 12-13 ans, pour les raison indiquées aux paragraphes précédents. E. (9 ans) a suivi jusqu’à la fin, mais j’ai bien senti par moment qu’il trouvait le temps long (même si évidemment, la fin l’a scotché – c’était le but).

Une des séquences qui peut impressionner : la chasse aux hommes

Au passage, j’en profite pour recommander de parfois montrer aussi des films ou dessins animés au rythme plus lent (comme les Ghibli), assez tôt, et pas uniquement des Disney, un peu plus intensifs. Sinon les enfants semblent devenir rapidement dépendants à un tempo plus élevé dans les films, et ne plus pouvoir tenir 2 heures devant un film un peu plus posé, du type de La Princesse Kaguya, Seul au Monde, ou de cette Planète des Singes de 1968.

En tout cas, je suis maintenant tranquille, je peux amener E. mardi voir les Origines de la Planète des Singes sans avoir sur la conscience ce qui aurait pu être un énorme spoiler cinématographique.

Au fait, si vous ne connaissez pas l’histoire de la Planète des Singes, il ne fallait pas lire cet article qui vous dévoile l’intrigue.

7 réponses

  1. je connais çà, mais ça n’a plus rien à voir avec celui qui va sortir dans quelques jours

  2. Un peu quand même. La trilogie “Origines” dont le 2ème volet sort mercredi explique comment les singes ont pris le contrôle sur les hommes, et donc la situation inversée décrite dans le film de 1968 ou dans le remake de 2001 par Tim Burton. Certes avec quelques libertés, mais globalement ça reste l’idée d’un prequel.

  3. je constate que tu es plus calé que moi 😉 je n’ai que de vagues souvenirs de la version de 1968 je l’avoue…. il est vrai que la nouvelle version explique plus “le pourquoi” et “le comment” c’est çà que je trouve intéressant

    • Stéfan dit :

      Oui, en fait dans le film de 1968, Taylor (Charlton Heston) se retrouve 2000 ans dans le futur par rapport au temps terreste, car il a voyagé plusieurs mois en vitesse proche de la vitesse de la lumière. Donc lorsqu’il se crashe sur cette planète supposée inconnue, il est en fait sur la Terre, aux alentours de l’an 3900.

      Les évènements de “La Planète des Singes – Les Origines” se déroulent de nos jours. Donc 2000 ans avant les évènements présentés dans le film de 1968. J’espère qu’il y aura une certaine forme de continuité, même si on est plutôt ici sur un truc à cheval entre le prequel et le reboot.

  4. Ce film est un de mes préférés et, coïncidence je viens de le montrer à mes 2 grands (10 et 12 ans) qui ont bien apprécié (pourtant j’avais mis la vost…).
    Il faut savoir que le film s’éloigne un peu du livre original (très bon lui aussi) dans lequel l’histoire ne se passe pas sur Terre et dont se rapproche plutôt la version de Tim Burton.
    J’ai peu de souvenirs de la version Burton sinon d’avoir été déçu, mais on va la regarder quand même avant d’attaquer les “origines”.

  5. Stéfan dit :

    VOST, carrément ! Je pense que chez moi ça n’aurait pas marché, déjà là en VF j’ai senti quelques risques de décrochement…

    Idem que toi pour la version de Tim Burton : souvenirs très vagues, juste celui d’une certaine déception. Je ne souviens par exemple même pas que l’histoire de ne passe pas sur Terre.

  6. =Don Cristo= dit :

    Merci à vous tous. Petit (il y a une trentaine d’année déjà), j’étais initié à ce genre de films par une grand-mère cinéphage (ou -phile, je m’interroge). Puis vinrent l’adolescence et les années ’90, peu propices à l’appréciation de ce que nous qualifions maintenant de “classique”.

    Vingt ans ont passé. Peu à peu, nous nous rappelons que nous avons une histoire (avec un “h” minuscule) et que d’autres nous en ont racontées, que nous avons oubliées (tant les histoires que leurs conteurs).

    L’approche pré-seventies et celle des années 201x n’est pas la même. Nos enfants peuvent-ils encore, sans préparation, se plonger dans des univers lents et réfléchis? Probablement pas spontanément pour la plupart d’entre eux. Comme Stéfan le précise, ils sont abreuvés aux productions cinématographiques rapides, nerveuses. L’information se consomme au format bite-size, entre deux vidéos visionnées sur YouTube. Jadis, une histoire se découvrait d’abord dans un livre, éventuellement au moyen (lorsqu’il s’agissait d’un film) de photos publiées dans des magazines. L’esprit devait alors reconstituer l’histoire ou simplement la scène illustrée. Venait alors la vision du film. Les mentalités et techniques de l’époque en faisaient une œuvre plus contemplative que maintenant.
    Quant à la VOSTFR, n’en parlons même pas si les enfants n’aiment pas lire.

    Un détail m’interpelle: si la narration cinématographique a énormément évolué depuis 1968, on constate que le physique de Linda Harrison, tel que mis en valeur dans “La Planète des Singes”, correspond aux canons actuels. Katy Perry, dans son clip de “Roar”, c’est un peu kif-kif. Les James Bond girl aussi. J’ai pourtant le souvenir de films ultérieurs (“1984”, par exemple, ou encore les films français des eighties) où le physique féminin mis en avant différait: oubliées l’épilation des aisselles ou les poitrines opulentes. Faut-il en déduire une constance de la sensualité chez l’homme? Une brève réaction à contre-courant des réalisateurs? En tous les cas, à part une augmentation des volumes musculaire et mammaire chez les acteurs (dépendamment de leur sexe), on nous distille toujours la même came.

    Allez hop, direction le magasin pour chercher le disque!

Réagir à cet article

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.