Quel âge pour l’Exoconférence d’Alexandre Astier ?

J’ai cherché cette information, en vain, avant d’assister moi-même au spectacle. Cet article s’adresse donc à mon double d’il y a trois mois, en espérant que la lecture, par moi d’il y a trois mois, d’un article écrit par le moi actuel, ne provoquera pas un effondrement du continuum spatio-temporel et la destruction de l’univers.

Un bref rappel de quoi qu’on cause

L’exoconférence d’Alexandre Astier est un one-man-show (assisté de quelques artifices, j’y reviens plus bas) dans lequel l’humoriste créateur de Kaamelott disserte sur divers sujets liés à l’astronomie. Ca commence avec le big-bang, ça passe par les OVNI, ça bifurque par l’évolution de la compréhension par l’Homme de sa place dans l’univers, et ça finit en invitation à s’intéresser encore davantage à l’espace. Quelque chose à mi chemin entre la conférence de vulgarisation scientifique et le spectacle comique pur, donc.

Avec un pitch comme ça, j’ai hésité à prendre une place pour E. (9 ans), mais sans certitude que ça lui plairait, et vu le tarif, on ne l’a finalement pas amené avec nous lorsqu’on est allés voir le spectacle, le 14 février à Nantes.

Après coup, si c’était à refaire, je pense qu’on prendrait 3 places et non 2.

La galaxie a le goût de framboise

Ce qui m’inquiétait concernant la kid-compatibilité, avant d’avoir vu le spectacle, c’était :

  • une trop grande complexité du contenu scientifique
  • une trop grande austérité du mode one-man-show
  • et éventuellement des blagues trop adultes

En réalité, le contenu scientifique, même s’il y a bien deux ou trois passages qui peuvent être difficiles à saisis pour un public non averti, reste très abordable. On sent qu’Alexandre Astier a écrit son texte pour donner envie, et non pour asséner des connaissances. Il y a beaucoup d’anecdotes, et à chaque fois que des chiffres entrent en jeu c’est bien expliqué et lié à une histoire amusante, comme celle de ce vaisseau extra-terrestre qui aurait parcouru 39 années-lumières et consommé l’énergie équivalente à 4 soleils dans l’unique but d’examiner les parties génitales d’un Terrien. Il y a bien sûr quelques notions qui glisseront sur un enfant comme l’eau sur les plumes d’un canard, par exemple lorsqu’il est question de l’anthropisme de l’univers, mais ce n’est jamais trop long ou trop loin d’une blague ou d’un truc plus facile à digérer, donc pas de risque majeur de décrochage. Précisons que le contenu est très orienté sur la question de la vie extra-terrestre. Pas d’histoires de trous de vers et de dimensions parallèles à la Interstellar, donc.

Exoconference

Concernant la présentation, on est loin du one-man-show traditionnel avec le type tout seul habillé en noir sur une scène noire. Ici Alexandre Astier, s’il est seul sur scène, est tout de même assisté d’un écran sur lequel sont projetées diverses images, d’une intelligence artificielle à la voix féminine avec laquelle il dialogue régulièrement tout au long du spectacle, d’un pupitre-escabeau mobile qui se déplace tout seul, et d’une cabine multi-fonctions dont la porte révèle – selon les moments – des toilettes, un frigo, une cabine de visioconférence… Il y a donc beaucoup de choses à voir, ça bouge, c’est vivant. L’écran, les lumières et le son permettent de faire varier les ambiances et d’amener Alexandre Astier en Alaska quand il joue une discussion entre un officier Américain et un officier Russe, dans une église de Pologne lorsqu’il incarne un prêtre qui discute avec Copernic de sa théorie de l’héliocentrisme, en Grèce antique quand il interprète Ptolémée nommant les constellations, dans les bureaux d’un journal à scandale américain lorsqu’il parle du premier article sur les soucoupes volantes, etc.

Un autre risque aurait pu être un contenu répréhensible trop explicite, mais à part quelques blagues sur les parties génitales du type enlevé par les extra-terrestres dans les années 50 et sur la nudité des humains représentés sur la plaque du vaisseau Pioneer 10 (avec un vocabulaire qui reste très correct, du niveau ce qu’on peut entendre dans Kaamelott, voire un peu plus correct), tout est parfaitement kid-safe. A vrai dire je ne suis même pas sûr d’avoir entendu un seul gros mot de tout le spectacle, Alexandre Astier trouvant toujours une pirouette d’écriture ou d’interprétation pour que ça passe sans déborder.

Exoconference

A partir de 8-9 ans, c’est cool

Pour toutes ces raisons, je dirais que l’Exoconférence peut convenir à des enfants de 8 à 9 ans, dès lors qu’ils ont un peu d’intérêt pour l’espace et la science-fiction. C’est encore mieux s’ils ont déjà vu 1 ou 2 films comme Apollo 13, documentaires sur l’exploration spatiale, ou qu’ils ont suivi des actualités comme l’histoire de Rosetta et Philae, le projet Mars One, etc. Et je situerais l’âge minimum idéal pour bien tout comprendre autour de 11-12 ans.

Attention par contre, en sortant, vous pourriez vous retrouver avec une commande pour l’achat d’un téléscope à 1500€.

5 réponses

  1. Visky dit :

    Et bien parfait ! Je n’ai plus qu’à attendre qu’il passe près de chez moi pour emmener mon grand voir son spectacle ^^ Nous sommes tous passionnés d’infini et d’au delà dans la famille 😀 En plus j’aime beaucoup Alexandre Astier je trouve qu’il fait les choses différemment des autres artistes . Merci pour ces précisions !

  2. Choucroute dit :

    Ah bravo, on me demande mon avis et finalement on n’en tient pas compte. Tsss.

  3. Stéfan dit :

    @Visky : attention, les places partent assez vite, s’il y a des dates près de chez toi ne traine pas. Je me suis fait avoir lors du 1er passage à Nantes, heureusement il est revenu 3 mois plus tard.

    @Choucroute : oui c’était un peu compliqué parce qu’on avait acheté que 2 places, longtemps à l’avance, sans savoir exactement qui irait. On a hésité jusqu’à la fin, et finalement voilà.

  4. duinhir dit :

    réservé en septembre, flute de rute, j’ai hâte!

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